Recrutement : La nouvelle angoisse des dirigeants de PME

D’après le sondage de BPI France auprès de 2 000 dirigeants de PME et ETI, 83% rencontrent des difficultés à recruter ces dernières années. Parmi eux, 72% considèrent que ces difficultés ne permettent pas à l’entreprise de croître. Ils sont 46% à éprouver de sérieuses difficultés, 37% pour les difficultés modérées et enfin 17% qui estiment recruter assez aisément.

Ce problème est loin d’être récent. Il est probablement dû au manque de vision long terme des chefs d’entreprise sur leur stratégie de recrutement. Ils ne prennent pas toujours le temps nécessaire pour construire un réseau ou recruter un Directeur des Ressources Humaines (DRH) en interne.

Les dirigeants de PME se sentent aujourd’hui coincés entre les offres des start-ups qui sont un modèle attrayant et qui savent construire une vitrine attractive pour les jeunes diplômés et les grands groupes qui offrent de nombreux avantages.

Et ce problème est ressenti partout en France.

La désertification en cause

Certaines régions telles que la Bretagne, la Provence-Alpe Côte d’Azur et l’Occitanie sont moins touchées, contrairement à la Bourgogne, Franche-Comté et la Normandie qui ont de réels problèmes de recrutement.

La situation démographique est l’un des facteurs explicatifs : de nombreux jeunes diplômés ou actifs avec de l’expérience quittent les milieux ruraux afin de se rapprocher de grandes villes.

Les profils les plus difficiles à faire venir dans ces zones en désertification sont les profils opérationnels, comme les techniciens, chauffeurs ou ouvriers qualifiés.

Quant aux commerciaux, les dirigeants pensent à 41% qu’il est difficile d’en recruter. Il existe donc une réelle pénurie de profils non-cadres.

Elise Tissier, directrice de Bpi France Le Lab nous explique :

« Collectivement, les patrons de PME doivent prendre conscience de la nécessité de construire une image de marque du travail dans les PME de manière à faire venir des jeunes qui sont aujourd’hui spontanément attirés par l’aventure des start-ups. C’est l’un des objectifs de la ‘French Fab’. Ils doivent aussi réfléchir à la nécessité de moderniser leurs pratiques RH. »

Ainsi, les salariés ont peu d’actions de fidélisations, seulement 40% des responsables organisent des séminaires, ou intègrent de nouveaux avantages comme l’intéressement.

Concernant le recrutement, dans les entreprises de moins de 20 collaborateurs, seulement 30% d’entre elles utilisent les réseaux sociaux. A l’inverse, ils sont 76% à utiliser leurs réseaux personnels avec des cooptations ou l’apprentissage.

Le recrutement sur les réseaux sociaux

Comment faire pour que les patrons de PME, utilisant habituellement leurs réseaux ou les candidatures spontanées, changent ces méthodes ? L’étude BPI France montre qu’il y a une absence d’offre structurée de conseil RH dédié aux PME.

« Les réseaux sociaux, dont l’utilisation est balbutiante dans les petites entreprises, sont déjà pleinement intégrés dans les stratégies de recrutement des ETI. »

L’Etat a ainsi mis en place une plateforme avec Pole Emploi permettant de donner accès aux dirigeants à une CVthéque, un espace en ligne pour leur entreprise mais aussi de participer à des Salons en ligne, pratique très en vogue en ce moment. Enfin, un large réseau de plus de 4000 conseillers a été dédié aux entreprises, leur permettant de mieux organiser les processus de recrutement.

Et Indeed dans tout ça ? Arnaud Devigne, le PDG d’Indeed pointe les mauvais titres de poste que créent les responsables de recrutement ou dirigeants. En effet, les jeunes diplômés sont attirés par des titres de poste qui font “rêver” et souvent anglophones comme Data Scientist plutôt qu’un poste d’analyse de données. Le titre aussi est important dans une annonce !

Pour M. Devigne, il faut ainsi aider les patrons de PME à comprendre pourquoi un candidat choisirait une autre entreprise plutôt que la leur.

Enfin, l’outil LinkedIn peut s’avérer pratique pour trouver des candidats sur la base des compétences que vous recherchez. Néanmoins, son utilisation reste limitée si vous n’avez pas déjà un réseau assez conséquent sur votre profil personnel. Vous pouvez, en souscrivant à un abonnement, avoir beaucoup plus de critères de recherche afin de trouver le bon candidat.

De nombreux postes de missions freelance sont disponible sur notre site, rubrique Consultants, mais aussi via LinkedIn !

Source : Julie Chauveau, Les Echos.

Catégories : Actualités